Ho Chi Minh Ville

SAIGON PAS A PAS – Sophie’s art tour : l’art en écho à l’histoire du Vietnam

Il existe mille et une façons originales de visiter Ho Chi Minh Ville. Derrière les tours classiques et conventionnels, vous pouvez choisir l’option « Vespa » ou l’option culinaire… Vous pouvez aussi choisir l’option artistique. Une idée lancée en 2011 par la Britannique Sophie Hughes, à travers le Sophie’s Art Tour.

La jeune femme, d’abord directrice de la galerie Quynh puis d’un festival de courts-métrages, le Future Shorts, est passionnée d’art et de culture. Son idée est simple mais efficace : « Le Vietnam est un pays fascinant avec une histoire riche et compliquée. L’objectif de ce périple est de mettre en lumière cette histoire grâce aux artistes qui l’ont vécue au plus profond d’eux-mêmes, à travers leurs œuvres. »

Pendant plusieurs mois, Sophie se documente, lit beaucoup, cherche les galeries, musées et autres lieux susceptibles de donner un sens à cette visite, rencontre artistes, curateurs, propriétaires de galeries… et finit par mettre en place cette visite de 4 heures dans différents endroits de la vie.

Rendez-vous est pris donc, à 9 heures, au Gao restaurant. Ce jour-là, nous ferons la visite avec un couple de touristes australiens et une jeune Canadienne. C’est Stu Palmer qui sera notre guide. Le tour se découpe en quatre chapitres : le temps de la colonisation française et son influence sur la tradition des beaux-arts au Vietnam, les guerres d’Indochine et « l’art de combat », l’après 1975 et la scène artistique contemporaine apparue après le Doï Moi de 1986. Stu Palmer commence par planter le décor et remonte dans le temps, à l’arrivée des Français. Où l’on apprendra notamment beaucoup sur L’Ecole supérieure des Beaux-Arts de l’Indochine, fondée par Victor Tardieu, un peintre français à l’esprit humaniste, et son ami, le peintre vietnamien Nguyen Nam Son.


Au Musée des Beaux-Arts d'Ho Chi Minh Ville, une visite par Stu Palmer

Direction le musée Duc Minh, une galerie d’art privée : le propriétaire a collectionné une centaine d’œuvres dont certaines remarquables, mêlant l’influence française de cette première moitié du XXe siècle à des techniques traditionnelles vietnamiennes. Au Musée des Beaux-Arts d’Hô Chi Minh Ville, dans le très beau bâtiment colonial aux influences chinoises, il sera question de propagande et d’art au combat. Peindre sur le front constituait tout autant un acte de bravoure qu’un moyen de propagande évident. A tel point que les chefs de guerre décidèrent finalement de ramener les artistes vers l’arrière pour éviter qu’ils ne soient tous tués. L’art, qui servit à la propagande, fut fortement influencé par ce qui se faisait déjà en Chine et en Russie. A une différence près : chaque œuvre, au Vietnam, était signée par son auteur.

Après 1975, les artistes donnent à voir la reconstruction du pays et la nostalgie du temps passé. Car le Vietnam est exsangue mais toutes les œuvres ne reflètent pas la réalité. La misère et la famine ? L’art dissimule aussi parfois…

En 1986, l’ouverture économique, le fameux Doi Moi, ouvre une nouvelle ère qui se reflètera sur la scène artistique vietnamienne. L’art abstrait, la photographie, les installations vidéo… Direction la galerie San Art, lieu de vie culturelle majeur à Ho Chi Minh Ville. Plus qu’une galerie et un centre de ressources, c’est surtout un laboratoire de recherche artistique et un lieu de résidence pour les jeunes artistes vietnamiens. Sophie Hugues est formelle : « Il est essentiel d’aider et de supporter ces artistes dont les œuvres sont le miroir du monde dans lequel on vit. Ils nous offrent un point de vue sur une nation en perpétuelle évolution. Aujourd’hui, il n’y a qu’une poignée de lieux qui aident et accueillent l’art contemporain. Les artistes vietnamiens doivent se battre pour s’exprimer. Mais nous vivons une période excitante pleine de défis ! »


A la galerie Sàn Art

Forte du succès du Sophie’s Art Tour à Hô Chi Minh Ville, la jeune femme a lancé la formule à Hanoi en octobre dernier. « Deux guides animent la visite en alternance : un artiste-curateur vietnamien, créateur de la galerie Manzi et un écrivain australien, fondateur d’un magazine culturel en ligne à Hanoi. Ils sont tous les deux très impliqués dans le monde artistique de la capitale vietnamienne. » Sophie ajoute qu’elle souhaite proposer prochainement ces deux tours en français (aujourd’hui en anglais uniquement).

Que vous soyez ou non fans d’art, touristes, expatriés, juste curieux, ce tour offre bien plus. Sortir des sentiers battus et comprendre.


Sabrina ROUILLÉ (lepetitjournal.com/Hochiminhville) 27 Janvier 2016

Site : sophiesarttour.com - Tarif : 55 USD/personne (déplacement en mini-van, snacks et boissons compris)

 
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