Ho Chi Minh Ville

BILLET D’HUMEUR – Le camion est roi et le piéton n’est rien : la hiérarchie du trafic à Saigon

S’il y a bien quelque chose de surprenant au Vietnam, et surtout à Saigon, c’est le trafic. Autant le dire tout de suite, la circulation est chaotique, et le code de la route oublié (on n’est même pas sûr qu’un jour il y en ait eu un de toute façon). Mais au sein de ce joyeux bazar, il y a quand même quelques règles, sorties de nulle part, et qui sautent rapidement aux yeux des nouveaux arrivants. Parmi elles, la hiérarchie des véhicules. Visuellement, c’est facile : le plus gros a la priorité...

Camion : Comme ce sont les plus gros, ce sont, forcément, les plus dangereux. Les camions ne s’arrêtent jamais à une intersection. Ils passent, et puis c’est tout. Si tu as le malheur de trouver au milieu de la susdite intersection au moment où un semi-remorque déboule, c’est vraiment pas de bol pour toi. Parfois, certains sont sympas et te laissent passer. Mais, afin de rester en vie, partons plutôt du postulat qu’il faut éviter de tenter le diable. Si un camion arrive, tu freines, tu t’arrêtes, tu fais un demi-tour, bref, tu ne restes surtout pas en travers de son chemin.

Bus : Un peu moins gros que les camions mais tout aussi fourbes, les bus se posent là. Les chauffeurs n’ont peur de rien et surtout, ils se fichent de tout. Comme ils naviguent souvent dans les voies réservées aux motos à cause des nombreux arrêts qu’ils font, ils passent leur temps à ralentir, accélérer, se déporter, se rabattre… sur les autres. Parce que oui, un bus a tous les droits. Et si tu ne te pousses pas, il dégainera son arme fatale : le klaxon, qu’il se fera un malin plaisir à te faire péter dans les oreilles au moment où il s’approche de toi. Ça surprend, hein !

Taxi : Les taxis sont partout à Saïgon. C’est pratique quand on en a besoin, mais c’est juste fatiguant quand on est sur une moto. Parce qu’en plus d’être nombreux, les taxis sont toujours à l’affût du client. Ça signifie que s’il faut se rabattre sur 2 voies, écraser un chien, faire un demi-tour ou monter sur le trottoir pour aller choper le chaland, ils n’hésiteront pas une seule seconde. Et bien sûr, ils ouvriront leur portière au milieu de la rue sans regarder avant si tu risques de la prendre en plein dans la margoulette parce que… et bien parce que c’est comme ça. Enfin, pour le bien de tous, on ne parlera pas des voitures avec chauffeurs que possède l’élite de Saïgon, et qui estiment que la route, les trottoirs et les devantures de magasins leur appartiennent...

Moto : Ça, c’est nous, toi, vous, et la majorité des gens qui vivent au Vietnam. Les deux-roues se déplacent généralement comme des bancs de poissons, suivant un mouvement uniforme et homogène. Ça peut paraître pénible d’être toujours entouré de milliers de motos mais en réalité, c’est vachement pratique. Oui, car l’union fait la force, et c’est grâce à ça qu’on évite de se faire emmancher par un camion. Bon, le seul problème, c’est que les conducteurs sont assez imprévisibles, et peuvent décider à n’importe quel moment de tourner, débouler d’une ruelle, faire demi-tour, rouler à contresens, s’arrêter prendre un banh mi ou ralentir pour regarder les travaux sur le bord de la route. Il faut donc anticiper le moindre signe d’inattention, et ça, c’est usant.

Vélo : Il y a une question qu’on se pose toujours quand on voit un vélo, et à laquelle on n’a pas encore trouvé de réponse. Est-ce qu’ils roulent au milieu de la route exprès pour énerver tout le monde, ou est-ce que c’est une stratégie pour être repéré par les conducteurs ? Dans les deux cas, ça marche, on les voit bien et on a un peu envie de leur hurler dessus pour qu’ils tiennent leur droite. Bon après, certains n’ont pas le choix : les ados en attente du permis, ceux qui ont peu de moyens… On ne peut pas vraiment leur en vouloir. Par contre, les bobos qui veulent faire croire à leurs voisins qu’ils sont grave healthy parce qu’ils emmènent leurs marmots en tandem à l’école, nan, vous, on a envie de crever les pneus de votre vélo pour que vous puissiez plus jamais aller acheter vos pâtes sans gluten avec ce véhicule. 

Piéton : Ah, les piétons… Ces pauvres laissés pour compte de la circulation vietnamienne. Alors qu’ils sont chéris et protégés en Europe, ils sont ici tellement méprisés que les trottoirs ne sont même pas construits pour eux, non. Ils sont faits pour garer les motos. Il faut savoir qu’au Vietnam, marcher dans la rue pépouze pour aller chercher son pain est considéré comme une hérésie (quelle idée d’utiliser ses jambes, enfin ?). Voilà pourquoi les locaux ne comprennent pas bien l’attitude des touristes qui, rouges de sueur et de coups de soleil, balaient d’un revers de la main une agréable proposition de xe om (« Motobike ?? Motobike ?? »). Tu préfères fondre sous le soleil de Saïgon ? Soit. Mais on ne veut pas t’entendre te plaindre une seule fois qu’il fait trop chaud dans ce pays.

 

Marine Chaudron (lepetitjournal.com/Hochiminhville) 18 Décembre 2015

 
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