MOBILITÉ – Les Français, ces salariés qui n’auraient pas la bougeotte

Les Français ont-ils envie d’aller voir ailleurs et de se diriger vers d’autres contrées ? Ou au contraire sont-ils satisfaits de rester en France, agissant ainsi à contre-pied de leurs voisins européens ?

Récemment menée par ADP, une étude constate qu’en termes de mobilité, les Français ne sont pas les plus aventureux des Européens... Plutôt sédentaires, on découvre même que 46% d’entre eux n’envisagent pas de travailler à l’étranger. Juste derrière, talonnant de près les habitants de l’Hexagone, on retrouve les Britanniques, qui sont quant à eux près de 43% à déclarer ne pas vouloir déserter leur île pour un autre pays.

Pourtant l’étude nous révèle que la mobilité internationale intéresse de plus en plus de monde. En effet, près de 74% des Européens sont près à poursuivre leur carrière à l’étranger. Les petits frenchies, (accompagnés il est vrai des Britanniques, ne les oublions pas !), semblent pour leur part résister encore et toujours à l’envahisseur. 

Des chiffres à tempérer

Si d’après l’étude près de 46% des Français n’envisagent pas de s’expatrier, il faut avoir à l’esprit que ce chiffre prend en compte la globalité de la population. Car si l’on sépare les classes d’âges, en ne prenant en compte que les jeunes (16-24 ans) on remarque que près de 87% d’entre eux se disent prêts à saisir les opportunités de carrière à l’étranger qui se présentent à eux. Contre seulement 56% de leurs aînés.

Est-ce cette morosité ambiante et la crise persistante qui poussent les jeunes à vouloir partir ? Peut-être, car si l’on en croit une autre étude, menée par Deloitte et Opinionway 76% des jeunes (de 18 à 34 ans) estiment que le principal inconvénient de la France est l’état de son marché de l’emploi.   

La France plébiscitée par les Européens

On l’aura compris, la France est plébiscitée par les Français (bien sûr !) mais pas que.... Puisqu’elle rentre dans le top 3 des destinations préférées des Européens candidats à l’expatriation, derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni.

En quatrième position on retrouve la Suisse, puis l’Autriche ensuite. L’Amérique du Nord arrive étonnement loin derrière, en douzième position du classement. 

En ce qui concerne le choix des Français, ils placent dans le top 3 de leurs destinations favorites l’Allemagne, la Suisse et le Royaume-Uni, 3 pays limitrophes au territoire hexagonal.

Qu’est-ce qui peut bien pousser les Français à vouloir rester chez eux ? 

La protection sociale joue-t-elle un rôle important dans la décision de ne pas vouloir s’expatrier ? On est en mesure de se le demander quand on remarque que la France tient dans ce domaine, le haut du panier, avec les pays scandinaves. D’après les chiffres de l’OCDE, les dépenses en matière de santé représentent en France presque 11% du PIB. Soit un niveau bien au dessus de la moyenne de l’OCDE, de 8.9%.

Mais la protection sociale, ce n’est pas seulement la santé. C’est aussi l’indemnisation que l’on peut toucher en étant chômeur par exemple. En France, cette indemnisation peut durer presque 2 ans, alors qu’elle est quasiment inexistante dans certains pays. C’est le cas de l’Angleterre notamment où le montant versé est presque identique pour tout le monde, et où la durée des versements n’excède pas 6 mois.

Et bien sûr, les congés maladies et/ou maternité, et (même) les vacances, font aussi pleinement partie des avantages de notre modèle de protection sociale à la française auquel près de 63% des Français sont attachés d’après l’Ifop.

D’ailleurs, les Français expatriés à l’étranger seraient plutôt d’accord avec leurs concitoyens restés sur le territoire en ce qui concerne ces problématiques de protection sociale. D’après le baromètre Expatriés 2017 Humanis réalisé en partenariat avec le petitjournal.com*, à la question « Pour quelles raisons souhaitez-vous revenir (en France) ? Ils répondent pour le « système de santé et de protection sociale » à 23%.

Dans le même esprit, ils sont 47% à déclarer que la protection sociale et le système de soins sont ce qui leur manque le plus de la France. 

Le bonheur au travail pourrait aussi jouer un rôle, ne favorisant pas la mobilité des salariés français, puisque près 75% de nos compatriotes se déclarent heureux au travail.

Noémie Choimet (www.lepetitjournal.com) lundi 20 février 2017.

* Méthodologie : enquête réalisée en ligne en décembre 2016 auprès d'un échantillon représentatif de 2.289 Français dont 1.534 actifs résidant à l'étranger âgés de 18 ans et plus.

Lire aussi : BAROMETRE HUMANIS - LEPETITJOURNAL.COM - Les expatriés prêts à entreprendre 

 
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