Barcelone

RÉFÉRENDUM - Ultime appel au dialogue de la Generalitat?

Alors que les deux parties semblent de moins en moins réconciliables, les représentants du gouvernement catalan essaient de jouer leur dernière carte et tentent d'obliger Mariano Rajoy à s'assoir pour négocier. Dans un contexte de tensions marqué par le jugement d'Artur Mas et la manifestation contre le processus séparatiste de certains Catalans, point sur les négociations et sur l'évolution de la situation.

(photo domaine public) Avec la publication de leur lettre ouverte, "Que gane el diálogo, que las urnas deciden", dans le quotidien El País, Carles Puigdemont et Oriol Junqueras, président et vice-président du gouvernement catalan, ont réitéré leur appel au dialogue avec l'État espagnol. En effet, cette publication insiste sur la nécessité de rencontrer Mariano Rajoy pour pouvoir discuter des conditions de réalisation du référendum catalan afin d'arriver à une consultation en accord avec les deux parties. En prenant l'exemple du référendum écossais, les deux leaders du gouvernement catalan montrent que le gouvernement espagnol refuse de prendre en considération "les aspirations de milliers de Catalans" et de se conformer à une opération de dialogue. Ils profitent également de ce papier pour rappeler les points sur lesquels ils sont prêts à négocier: la question posée lors de la consultation ainsi que la date de cette dernière. Ils semblent même ouverts à la possibilité d'offrir une alternative à l'indépendance, à savoir une autre proposition de la part du gouvernement espagnol. Ils rappellent également que sans réponse de l'État espagnol, ils organiseront tout de même le référendum. De son côté, si le gouvernement espagnol semble prêt à négocier et à accorder des compétences et des investissements supérieurs à la Catalogne, tout projet de consultation indépendantiste est refusé, mettant une fois de plus la situation dans une impasse.

Un contexte tendu après la condamnation d'Artur Mas
La semaine dernière, le Tribunal Supérieur de Justice de Catalogne (TSJC) a rendu son verdict et a condamné Artur Mas, ex-président du gouvernement catalan, à deux années d'inéligibilité pour avoir organisé la consultation indépendantiste du 9 novembre 2014 malgré l'interdiction du Tribunal Constitutionnel. De même, Joana Ortega, ancienne vice-présidente, a été condamnée à un an et neuf fois d'inéligibilité; Irene Rigau, quant à elle, a reçu une peine d'un an et demi. En plus de ces sanctions, les trois accusés ont du payer des amendes. Les réactions ne se sont pas faites attendre de la part des deux côtés: Carles Puigdemont a ainsi parlé "d'erreur" et les partis indépendantistes ont dénoncé immédiatement ce jugement, le qualifiant "d'indigne et d'antidémocratique". Le porte-parole de l'ERC (gauche républicaine catalane) a déclaré: "Ce qui s'est passé aujourd'hui, c'est une défaite de plus pour l'État espagnol et un motif de plus pour nous [de nous séparer]". De leur côté, les membres du Partido Popular ou encore de Ciudadanos ont applaudi la décision et salué le fonctionnement de l'État de droit.

La préparation de l'après-référendum
Pour les dirigeants du gouvernement catalan et les porteurs du projet indépendantiste, la non-réalisation du référendum est inenvisageable, entraînant de fait la préparation de l'après-consultation. En anticipant une hypothétique victoire des indépendantistes, le gouvernement catalan comme le groupe parlementaire Junt pel Sí continuent leur travail de déconnexion. En effet, fin février, Junt pel Sí a initié le mécanisme pour que la loi transitoire juridique soit approuvée sans qu'il n'y ait de débat au Parlement catalan. Il s'agit de mettre en place un amendement pour revoir le règlement de la chambre afin de permettre à un groupe de présenter un projet de loi et de faciliter son approbation au moyen d'une lecture unique. Normalement, ce cas de figure est réservé aux projets de lois proposés par le gouvernement catalan ou par les propositions de lois signées par tous les parlementaires. Toutefois, l'article 135.2 rappelle qu'une proposition faite par le groupe leader et en accord avec l'ensemble des porte-voix des différents groupes peut être directement établie en lecture unique. Dans la mesure où Junt pel Sí est majoritaire, il semble probable que cet amendement soit mis en place, permettant ainsi de passer au-dessus du probable recours du Partido Popular visant à paralyser le projet et rendre plus difficile la transition. Quoi qu'il en soit, le gouvernement catalan avance vers le but qu'il s'est fixé: organiser la consultation indépendantiste.

Des Catalans opposés au processus indépendantiste
Si le gouvernement catalan se targue de représenter la grande majorité des Catalans en souhaitant organiser un référendum, certains sont opposés à ce projet et le font savoir. Dimanche dernier, l'organisation Societat Civil Catalana (SCC) a organisé à Barcelone une manifestation pour ceux refusant le "coup indépendantiste". Des milliers de Barcelonais ont ainsi défilé dans les rues de la ville avec des pancartes et des banderoles sur lesquelles on pouvait lire "Aturem el cop separatista" (Stoppons le coup séparatiste) ou encore "Je suis espagnol". Plusieurs dirigeants politiques étaient présents pour tenter de faire passer leur message comme Carlos Carrizosa, porte-voix de Ciudadanos au Parlement catalan ou encore le leader du Partido Popular à Barcelone, Alberto Fernández Díaz, qui a déclaré: "Aujourd'hui est sortie dans la rue la Catalogne muselée par l'indépendantisme". Un manifeste a également été rédigé dans lequel les manifestants montrent leur refus de l'organisation de cette consultation et dénoncent l'action menée par le gouvernement catalan qui "porte atteinte à la cohabitation, à la démocratie et aux intérêts des Catalans". Signé par des dirigeants politiques comme par des professionnels (avocats, professeurs d'université, journalistes...), ce manifeste est la preuve que le débat autour du potentiel référendum n'est pas encore clôt.

Clémentine COUZI (www.lepetitjournal.com - Espagne) Mardi 21 mars 2017
Inscrivez-vous à notre newsletter gratuite !
Suivez nous sur Facebook et sur Twitter
Téléchargez notre application pour téléphone mobile via Itunes ou via Google Play

 
Actualité Espagne
Une internationale

EXPATRIATION – 10 pays pour booster sa carrière

Etats-Unis, Royaume-Uni, Taïwan... Sur la base des réponses apportées par 14.000 personnes expatriées (de toutes nationalités), la dernière enquête publiée par InterNations compile les pays où il faut s’expatrier si l’on veut booster sa carrière. L'Europe est mal classée.
Actu internationale
En direct d'Europe
Expat
Expat - Emploi

EXPATRIATION – 10 pays pour booster sa carrière

Etats-Unis, Royaume-Uni, Taïwan... Sur la base des réponses apportées par 14.000 personnes expatriées (de toutes nationalités), la dernière enquête publiée par InterNations compile les pays où il faut s’expatrier si l’on veut booster sa carrière. L'Europe est mal classée.

COACHING - Le sacrifice du conjoint suiveur

Selon une enquête récente auprès de la population francophone expatriée, 49% des conjoints suiveurs en recherche d’emploi auraient le sentiment d’avoir sacrifié leur carrière*. Ce chiffre m’a interpellée, car je trouve cela dommage de voir autant de personnes qui voient leur expatriation comme un sacrifice de leur carrière. 
Expat - Politique
Magazine