Barcelone

SÉCURITÉ ROUTIÈRE - Vers des mesures plus strictes en Espagne

Au vue de l'augmentation du nombre de morts sur les routes ces dernières semaines, que ce soit des cyclistes comme des conducteurs en état d'ébriété ou sous stupéfiants, les autorités ont décidé d'adopter un comportement plus ferme face aux récidivistes. Quelles sont les sanctions actuelles et comment le gouvernement va-t-il désormais prendre en charge ce problème de premier plan? Lepetitjournal.com répond à vos questions. 

(photo CC Komunews) Lors du Comité sur la sécurité routière mardi dernier, le ministre de l'Intérieur Juan Ignacio Zoido a annoncé de nouvelles mesures devant être mises en place de façon prioritaire et avec fermeté concernant les conducteurs récidivistes, contrôlés positifs à l'alcool ou aux drogues. Cette journée de travail a été mise en place suite à l'augmentation du nombre d'accidents mortels causés par des usagers conduisant alors qu'ils avaient consommé des stupéfiants. D'après les dernières données enregistrées, qui sont celles de 2015, 58 cyclistes ont perdu la vie sur les routes à cause de ces comportements. De même, 43,1% des conducteurs décédés en 2015 étaient positifs à une de ces substances (28,8% pour l'alcool, 13,6% pour les drogues et 11,4% pour les psychotropes) selon les conclusions du rapport de la DGT (Direction Générale du Trafic) Mémoires 2015 sur l'incidence de l'alcool, des drogues et des psychotropes concernant les accidents de la route.

Les sanctions actuelles
Jusqu'à présent, les personnes contrôlées positives à l'alcool écopaient d'une amende de 1.000 euros et de la perte de quatre à six points sur leur permis de conduire en fonction du taux d'alcoolémie qu'ils affichaient. Pour les personnes sous stupéfiants, l'amende s'élevait à 1.000 euros également mais la perte de point était automatiquement de six points. D'autre part, le chapitre IV du Code Pénal prévoyait également la possibilité de condamner les conducteurs à une peine de prison de trois à six mois ou encore à des travaux d'intérêt général de trente à cinquante jours, ainsi que d'une privation du droit de conduire pouvant aller d'un an à quatre ans si le taux d'alcoolémie était supérieur à 0,6 milligrammes par litre d'air expiré ou si la présence de drogues était avérée.

Des mesures plus fermes pour les récidivistes
Dorénavant, le ministère de l'Intérieur a annoncé que les récidivistes, à savoir les personnes ayant commis plus de deux infractions en moins de deux ans et présentant un taux d'alcoolémie supérieur aux normes ou la présence de drogues, perdront leur permis de conduire et devront se présenter devant les autorités sanitaires. Ils devront en effet effectuer des tests pour savoir s'ils sont sujets à une dépendance et être traités en conséquence. La DGT affirme que ces mesures, notamment le retrait de permis, existent déjà dans l'article 36 du Règlement Général des Conducteurs, mais qu'elles n'étaient réellement appliquées que dans "des cas concrets". L'objectif est donc de rendre ces contrôles et ces mesures plus réguliers et plus stricts afin de limiter les accidents et les décès liés à ce type de comportement. Dans cet optique, Juan Ignacio Zoido a annoncé une augmentation des contrôles les samedis et dimanches matins. De manière générale, on devrait assister à une hausse de 100.000 tests d'alcoolémie et de 30.000 pour les drogues. D'autre part, il prévoit également de développer la présence des agents de la Guardia Civil sur les routes très fréquentées par les cyclistes, notamment en fin de semaine, moment où les cyclistes sont les plus nombreux sur les routes.

Prévention et campagnes de sensibilisation
Le gouvernement souhaite donc faire passer un message fort et informer la population sur l'augmentation de la conduite en état d'ébriété ou sous stupéfiants. Pour cela, une campagne de sensibilisation sous la forme de témoignages de victimes d'accidents ou de leurs familles va être mise en place d'ici le début de l'été et diffusée par la radio et la télévision. De même, des panneaux diffusant des messages sur la situation des cyclistes vont être mis sur les routes pour que les conducteurs prennent conscience du problème. D'autre part, il est également prévu d'élargir l'usage de l'application DGT Comobity qui permet d'informer les usagers de la présence ou non de cyclistes sur leur trajet en avance. Actuellement, elle compte 21.000 utilisateurs et espère bien voir sa popularité augmenter pour pouvoir sensibiliser les conducteurs, et ainsi diminuer la mortalité sur les routes d'Espagne.

Clémentine COUZI (www.lepetitjournal.com - Espagne) Jeudi 18 mai 2017
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